
Moussa, le bijoutier touareg, et Gilbert, l'informaticien en semi retraite, se sont rencontrés à Ouagadougou, grâce à Ahmed, un ami commun.
Depuis 1997 où il vient régulièrement en Afrique de l'ouest, Gilbert est un amateur d'artisanat touareg, principalement les bijoux des Nigériens et les magnifiques boîtes et objets divers recouverts de cuir des Maliens. Il a rapidement fait la différence entre d'une part les objets taillés et gravés «à la va-vite», souvent en nickel, destinés aux touristes naïfs et vendus dans la rue et les maquis, et d'autre part le magnifique travail, précis et soigneux de bijoutiers comme Moussa et ses collaborateurs: des bijoux en argent massif, avec des incrustations d'ébène ou de pierres semi-précieuses (agate, etc.).
Par ailleurs, les Touaregs maliens, artisans du cuir, font en général un très beau travail, solide et pratique. Pour des raisons évidentes, l'intérêt s'est porté sur les boîtes ou quelques petits objets usuels, plutôt que sur les sabres ou des objets encore plus encombrants.
Après quelques achats personnels, Gilbert place au nom de Moussa une douzaine de colliers dans la boutique de «commerce équitable» Art Henia, à Lausanne. Mais pouvait-on s'arrêter là?
Les Touaregs du Niger et du Mali se connaissent, mais collaborent peu. Pourquoi ne pas demander aux «boîtiers» maliens de faire des écrins pour les créations des bijoutiers nigériens? Une telle synergie n'avait semble-t-il pas vraiment été envisagée auparavant.
Par ailleurs, Moussa vend déjà régulièrement ses pièces à des revendeurs européens, mais les moyens pour se faire connaître ne sont pas énormes. C'est alors qu'une idée a germé: faire un site web! Après tout, Gilbert est informaticien et en mars 2010, lors d'un séjour au Burkina Faso, il a réservé avec l'accord de Moussa, le nom de domaine «boutiquetouareg.com». Des discussions ont été engagées sur le contenu ainsi que sur la démarche commerciale équitable qui sous-tendrait ce projet. Quelques prototypes d'écrins ont été commandés à Bèbey pour y placer les bijoux de Moussa...
La suite s'est passée en Suisse, en été 2010, quand Gilbert a développé le présent site, ainsi que sur Internet où Moussa a pu —en primeur— visionner le site, donner son avis, faire corriger les erreurs, fournir des compléments d'information et des idées pour le contenu, et bien sûr présenter ses oeuvres par descriptions et photographies.
Pendant ce temps, à Lyon, Laetitia qui a vécu plusieurs années à Ouagadougou, pensait très fort à l'Afrique. Lorsque Gilbert lui a demandé de gérer le stock français de bijoux et de collaborer à la promotion du site, elle a accepté avec enthousiasme...
En septembre 2010, une nouvelle étape est franchie avec le premier séjour en Europe de Moussa. Il peut voir le sérieux avec lequel sont contrôlés les objets en métaux précieux. À Genève, un laboratoire officiel teste quelques échantillons de ses bijoux... à plus de 980 ‰! Gilbert décide de faire enregistrer un «poinçon de maître» qui garantira la qualité du métal.
Finalement, l'ouverture du site est décidée pour le 29 octobre, coïncidant symboliquement avec celle du SIAO 2010 (Salon International de l'Artisanat de Ouagadougou)...
Ce qui fait qu'aujourd'hui le site de la Boutique Touareg existe, est à votre service et qu'il saura, nous l'espérons, vous convaincre et vous séduire!
Boutique Touareg, octobre 2010